Description de l'événement

Conférence : “La Corse au moment de la jeunesse de Bonaparte” animée par Jean-Marc Olivesi Vendredi 23 janvier - 18h Médiathèque L'Arghja - Santa Lucia di Portivechju La première conférence de l’année 2026, de Jean-Marc Olivesi intitulée : “La Corse au moment de la jeunesse de Bonaparte” aura lieu le 23 janvier à 18h à la médiathèque l’Arghja. Les années 1729-1769 sont d’une importance extrême dans l’histoire de la Corse : elles commencent par la révolte contre Gênes, suivie par l’instauration d’un gouvernement national, pour finir par l’intégration à la France, alors le plus puissant des États européens. Ces événements de Corse passionnent alors les personnes éclairées de toute l’Europe, les élites cultivées, philosophes, voyageurs et même souverains. Une des caractéristiques de cette expérience politique, c’est qu’à certains moments, les classes populaires se sont unies à l’élite insulaire pour défendre ensemble leur projet politique et que cette élite a partagé des droits avec les autres classes sociales de l’île. Dans cette élite, il faut évidemment distinguer le chemin parcouru par l’une de ces familles au destin extraordinaire : les Bonaparte. Famille extraordinaire mais en même temps parfaitement représentative de l’évolution de la société corse du XVIIIe siècle. En effet, les Bonaparte arrivent en Corse comme soldats pour abaisser les féodaux corses tels que Gian Paolo de Leca à la demande de la République de Gênes. Leur noblesse n’est pas reconnue par la Sérénissime. Mais ils vont peu à peu s’intégrer dans le patriciat ajaccien, obtenir des charges municipales, acquérir une bonne formation en droit, s’allier avec de vieilles familles nobles insulaires (Bozzi, Ornano), et devenir des propriétaires fonciers. Si la tradition corse fait remonter la révolte contre Gênes de 1729 à un pauvre paysan du Boziu qui ne pouvait payer son impôt de due seini – treize sous et quatre deniers – au fisc génois, il apparaît de plus en plus que la révolte des Corses contre la Superbe est due avant tout à la façon dont celle-ci a écarté les élites corses en refusant de les associer à la gestion de l’île. Les Bonaparte vont ensuite faire partie de ces élites corses qui demandent à la Sérénissime de reconnaître leur noblesse et souhaitent en fait être associées à la gouvernance de l’île. Mais Gênes va toujours leur refuser cette faveur. Charles Bonaparte va alors adhérer au projet de Paoli d’une société sans nobles, telle qu’elle est envisagée dans la constitution corse de 1755. Après la défaite de Ponte-Novu et le départ de Paoli, comme une bonne partie de l’élite insulaire, il va s’engager auprès des Français et fournir à Marbeuf l’un de ses meilleurs cadres. Sa nomination en qualité d’assesseur du juge royal à Ajaccio, l’envoi de ses enfants dans de bonnes écoles du continent, tout cela illustre parfaitement le parcours des élites corses du temps. Pour cela, il va de nouveau rechercher à tout prix à faire reconnaître la noblesse de sa famille. Ce sera fait le 13 septembre 1771. Leur servante Saveria (c’est la duchesse d’Abrantès qui le rapporte), sera furieuse lorsque Charles se rapprochera des Français, rejet commun à l’ensemble des classes populaires corses après la défaite de Ponte Novu. Enfin, son fils Napoléon se fera l’un des meilleurs anthropologues de la société corse, en décrivant ses mécanismes à Sainte-Hélène. Voilà donc dans quel environnement se sont élevés les Bonaparte. On voit bien que dans une île qui arrivait parmi les dernières sur la scène de l’Europe, ce XVIIIe siècle corse : « l’École primaire des Révolutions », comme l’a appelé Chateaubriand, avait pu augmenter leur culture politique et aiguiser leurs compétences. Jean-Marc Olivesi est né le 5 août 1959 à Bavella (Conca) Après une maîtrise de Lettres mention Arts et un doctorat en Histoire et civilisations (l’Architecture religieuse baroque en Corse, 1984), Il est chargé de la mise en place du fonds régional d’art contemporain de la Corse. Il est reçu au premier concours de conservateur du patrimoine et entre à l’Ecole du Patrimoine (depuis Institut national du patrimoine) en 1987. En 1988, il est nommé Conservateur chef de projet pour la mise en place du Musée de la Corse à Corte puis conservateur du Musée Fesch d’Ajaccio (1997), Directeur du Patrimoine à la Collectivité territoriale de Corse (2004), et ensuite Directeur de la Culture et du Patrimoine (2010). Il est intégré dans le corps d’état des conservateurs des musées nationaux après avis favorable à l’unanimité de la commission scientifique du 12 janvier 2011. Il est aujourd’hui conservateur général au Musée national de la Maison Bonaparte à Ajaccio. Plus d'infos sur le site. le 23/01/2026 18h00 19h00

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